L’IA au service du DAM : entre souveraineté, expertise métier et interopérabilité

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L’intelligence artificielle ne se résume plus à une fonctionnalité de plus dans un DAM. Elle change la manière dont les organisations structurent, indexent et exploitent leurs médias. Encore faut-il qu’elle serve le travail documentaire au lieu de le contourner.

C’était le fil conducteur de la journée que nous avons passée à Poitiers avec Malika Kechich et Frédéric Sanuy, du cabinet Activo Consulting et organisateurs de OnDAM, la conférence européenne dédiée au DAM. Au programme : visite des équipes, démonstrations et échanges sur ce que l’IA change, et ne change pas, dans la gestion des actifs numériques.

« J’ai été plutôt bluffée par cette intégration, et le constat qu’en un an la solution a franchi un vrai gap » — Malika Kechich

Malika Kechich enseigne Ephoto Dam à l’école EBD à Paris, à des futurs bibliothécaires et documentalistes. Elle connaissait la solution, et c’est l’écart en un an qui l’a frappée : selon elle, l’intégration de l’IA a franchi un vrai cap, et elle est pensée pour le métier des documentalistes.

Elle retient surtout l’aide à la qualité de la donnée : accompagner l’utilisateur dans le renseignement des métadonnées, contrôler leur remplissage, comprendre pourquoi un mot-clé est mal utilisé. Et l’aide à l’évolution du vocabulaire documentaire, parce qu’un thésaurus ou une taxonomie évolue avec le fonds. Pour ses étudiants, le message est rassurant : l’IA ne vide pas leur métier de son sens, elle le renforce.

« On est dans le DAM, donc l’objectif, c’est de pouvoir rechercher la donnée correctement et de faire ressortir les assets au bon moment, pour les bons utilisateurs » — Malika Kechich

Quand la conversation arrive sur les agents IA, Martin Malapert, VP Production chez Einden et iconographe de formation, rappelle notre parti pris. Ephoto Dam est déjà compatible avec les agents via MCP, mais un agent ne fait pas de miracle sur une base mal indexée : « On a beau lui demander ce qu’on veut, il va faire avec ce qu’il a. » C’est pourquoi nous avons d’abord travaillé à ce que l’IA comprenne le corpus de chaque client.

Une IA qui apprend le corpus de chaque client

Ce choix repose sur plusieurs années de recherche au sein de DamiaLab, le laboratoire commun créé par Einden avec le laboratoire XLIM (CNRS) et l’Université de Poitiers, soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche. Il a donné naissance aux modèles patrimoniaux : pour chacun de nos 350 clients, un modèle entraîné sur son propre fonds et son propre thésaurus, qui apprend son vocabulaire et ses concepts. Le pipeline d’indexation qui les met en œuvre fait l’objet d’un brevet déposé.

La suite est déjà en chantier. Avec l’Active Learning, l’expert pourra dialoguer avec son IA : lui signaler une erreur, confirmer une indexation, lui présenter un concept qu’elle ne connaît pas. Le principe consiste à solliciter l’expert sur les cas où son arbitrage apporte le plus au modèle, pour qu’il progresse avec le fonds plutôt que de rester figé.

« On met peut-être parfois un peu plus de temps que d’autres », reconnaît Martin. C’est un choix assumé, qui demande de la pédagogie auprès des clients, mais qui se voit dans la durée.

Souveraineté et interopérabilité : une intégration agnostique

Pour Frédéric Sanuy, ancien universitaire, le lien entre Einden, l’université, ses docteurs et doctorants est un marqueur fort. Il rappelle aussi la règle d’Activo : un projet DAM, c’est « 5 % de tech, 95 % de process et d’humain ». Il décrit l’intégration de l’IA dans Ephoto Dam comme « assez agnostique », et c’est exactement notre intention.

Comme l’explique Bérenger Bosselut, VP Sales et Marketing chez Einden, nos clients n’en sont pas tous au même point avec l’IA. Nous proposons donc deux voies complémentaires :

  • Les IA développées par Einden, issues de nos travaux de recherche : indexation par modèle patrimonial, reconnaissance faciale, OCR, recherche par similarité, etc. Tous hébergés dans nos infrastructures SaaS en France.
  • Le connecteur MCP, pour les organisations qui ont déjà choisi leur IA (ChatGPT, Gemini, Claude ou un modèle interne). Depuis leur assistant, elles peuvent interroger leur DAM, importer des médias et enrichir leurs métadonnées, en s’appuyant sur les assets et l’indexation centralisés dans Ephoto Dam.

Frédéric porte aussi un regard international sur le marché. Face à des acteurs financés par des fonds d’investissement, son verdict est net : « Il n’y a pas à rougir ». Selon lui, l’IA rebat les cartes de l’expérience DAM, et l’expérience métier accumulée depuis 2007 est un avantage pour la reconstruire.

Frédéric Sanuy rappelle enfin que les clients demandent de plus en plus comment distinguer ce qui a été produit ou retouché par l’IA de ce qui relève de leur fonds authentique, notamment avec les obligations de transparence du règlement européen sur l’IA. Activo est impliqué dans les travaux de l’IPTC, du CEPIC et de la C2PA sur ces questions. Un sujet que nous suivons de près.

Retrouvez-nous à OnDAM Paris

Nous retrouverons les équipes d’Activo pour la 6e édition d’OnDAM le 17 & 18 novembre, où nous présenterons les nouveautés d’Ephoto Dam en démonstration, puis lors de prochains webinaires communs consacré à l’IA dans le DAM.

👉 Plus d’informations https://www.ondamparis.com/fr/

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